Témoignage de tioteln62 sur la prise de décision
d'adopter
-------------------------------------------------------------------------------------
Notre désir d’adopter a commencé en fait avec notre désir de fonder une famille.
Il faut préciser que pour nous, tout a mal démarré dès le départ. J’ai du être opérée deux fois dont une dans l’urgence pour cause de grossesses extra-utérine. Ces deux épisodes fort douloureux ont laissé en moi de profondes cicatrices et je dois le dire, même après plusieurs années, cela ne s’oublie pas. On vit avec, on essaie de l’accepter mais il est vain de chercher à oublier la peur vitale et la douleur qu’on a ressenties.
Cela a été le début de notre réflexion sur la possibilité qui s’offrait à nous d’adopter. Nous avons après ces opérations, compris que pour nous, fonder une famille serait plus difficile que pour la majorité des autres couples.
Deux possibilités s’offraient donc à nous : les traitements médicaux et l’adoption. Nous avons entamé les deux démarches de manière simultanée. Je sais que cela peut paraître « original » car beaucoup de couples entament les démarches d’agrément après celles de PMA (procréation médicalement assistée) mais ce fut une réelle volonté chez nous que de faire les deux en parallèle.
Nous savions en effet que les traitements médicaux étaient aléatoires (ce qui s’est confirmé dans notre cas puisqu’ils ont échoué) mais aussi nous souhaitions que l’adoption ait une place dès le début dans notre parcours et que nous ne le considérions pas comme un « pis-aller ».
C’était notre ressenti au départ et tout au long des démarches d’agrément et des traitements, nous avons toujours gardé la même ligne de conduite.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, il m’est souvent arrivé la nuit de rêver aussi bien de l’enfant biologique que de l’enfant adopté. L’enfant adopté était invariablement un garçon, l’enfant biologique une fille… Mais l’un et l’autre avait leur place dans mon cœur.
Au début des démarches, le fait que l’enfant adoptif ne soit pas « de mon sang » (j’ai entendu la réflexion dans mon entourage) ne m’a jamais gêné. Qu’il ne me ressemble pas trait pour trait m’a toujours été égal. A vrai dire, si nous souhaitions avoir un enfant biologique ce n’est pas tant pour transmettre nos gènes que parce que nous avions aussi envie de connaître cette expérience (la grossesse, la naissance etc…).
Ce qui m’a en revanche le plus effrayé est de me demander si j’aimerais cet enfant qu’un jour on me mettrait dans les bras. Je doutais beaucoup, (et cela me perturbait) alors même que j’ai toujours adoré les enfants dont je me suis occupée soit en tant que « tata » soit en tant que monitrice de colonies de vacances… Je pense plutôt que j’étais assez intimidée par la situation, la responsabilité, l’engagement que cela représentait, l’inconnu… J’avais aussi pleinement conscience qu’il fallait être sûre de l’environnement qu’on donnerait à cet enfant et l’amour d’une mère est tout de même un postulat de base pour bien grandir… Alors oui j’ai beaucoup douté et de ce fait, un jour j’en ai parlé à ma propre mère. Celle-ci n’a eu quant à elle aucun doute sur ma propre capacité à aimer cet enfant qui ne serait pas « de moi ». Elle, qui me connaît si bien, m’a répondu si rapidement et de manière si assurée que cela m’a simplement donné l’impulsion nécessaire pour me lancer.
Qu’au moment de débuter les démarches qui me conduiraient à être maman, j’eus le besoin d’avoir en quelque sorte l’aval de ma propre mère n’est finalement pas si bizarre quand on y songe…
Je me suis alors lancée et nous avons écrit au conseil général pour solliciter l’agrément. C’était il y a presque 5 ans.







